
Vous détenez des parts de SCPI dans votre contrat d’assurance-vie et vous vous interrogez sur les conditions de sortie ? Le cadre de l’assurance-vie simplifie considérablement la revente par rapport à une détention en direct. Pour autant, tout n’est pas aussi fluide que pour un fonds en euros. Par ailleurs, la situation du marché des SCPI depuis 2023 impose de prendre quelques précautions.
C’est la différence fondamentale entre détenir des parts de SCPI en direct et les loger dans une assurance-vie. Lors d’un investissement en SCPI dans une assurance-vie, l’assureur est propriétaire des parts et porte le risque de liquidité. L’investisseur n’est pas associé de la SCPI, mais simplement titulaire d’un contrat d’assurance-vie dont les unités de compte sont investies en parts de SCPI.
Conséquence directe : la liquidité du contrat est garantie par l’assureur, ce qui signifie qu’il permet à ses épargnants d’effectuer des rachats à tout moment. Cette règle s’applique aussi bien pour le fonds euro que pour les SCPI. L’épargnant n’a donc pas à attendre que la société de gestion trouve un acheteur, contrairement à ce qui se passe en détention directe.
L’investisseur peut demander à l’assureur le rachat partiel ou total de son contrat et la compagnie d’assurance dispose alors d’un délai légal de deux mois à partir de la date de la demande écrite pour faire parvenir la somme réclamée (article L132-21 du Code des assurances) (source).
En pratique, la plupart des assureurs traitent les demandes bien avant ce délai maximum. Dans le cadre d’une assurance-vie, la liquidité des parts est garantie par le gestionnaire du contrat. Même lorsque la demande est faible, il a l’obligation de procéder au rachat des parts.
L’assureur est libre de bloquer les demandes de retrait pendant une période donnée en ajoutant un avenant au contrat. Il peut en effet suspendre temporairement la liquidité des SCPI en assurance-vie, justement parce que cette liquidité n’est pas garantie par les sociétés de gestion. C’est notamment le cas en période de tension sur le marché immobilier.
Ce point mérite attention dans le contexte actuel. Au 31 décembre 2025, le montant total des parts en attente de retrait sur le marché des SCPI atteint 2,8 milliards d’euros, soit 3,14 % de la capitalisation du marché. Certains assureurs exposés à des SCPI en tension adaptent donc leurs conditions de sortie.
La valeur de retrait correspond au prix auquel l’assureur valorise les parts de SCPI lors du rachat. Dans certains contrats, l’assureur applique une décote sur la valeur liquidative des parts en cas de rachat qui peut varier de 2 à 10 %.
Cette valeur est distincte du prix de souscription (le prix auquel les parts ont été achetées à l’origine). Elle évolue dans le temps en fonction de deux facteurs :
Au moment de la cession des parts, les frais de souscription de la SCPI (qui n’ont pas été prélevés au moment de l’acquisition des parts) sont retenus directement sur le montant de la vente. C’est avantageux pour l’épargnant, car l’intégralité de la somme investie travaille pendant toute la durée du placement. Selon les SCPI, le montant des frais de souscription varie entre 8 et 12 %.
Pour autant, il faut prendre en compte ces frais, car la plupart des autres placements les prélèvent à l’entrée. Sur un investissement de 10 000 € avec des frais de 10 %, le montant net perçu sera de 9000 € si la valeur de la part n’a pas évolué. D’où l’importance d’avoir un horizon de placement suffisamment long pour que les rendements perçus compensent ces frais.
Un investisseur souhaitant vendre ses parts doit demander un arbitrage ou un rachat sur son contrat d’assurance-vie.
La démarche est généralement simple :
Les éventuelles plus-values résultant de la vente des parts sont imposées selon le régime de l’assurance-vie. L’imposition intervient uniquement si l’investisseur procède à un rachat. Tant que les fonds restent dans le contrat (arbitrage), aucun impôt n’est dû.
En cas de rachat, la fiscalité applicable dépend de l’ancienneté du contrat :
Vous avez la possibilité de revendre des parts de SCPI à tout moment. Toutefois, il s’agit d’un placement à long terme et il est recommandé de conserver les parts sur une durée longue (huit à dix ans) pour obtenir une vraie plus-value et profiter des dividendes versés régulièrement.
Cette recommandation s’explique par la structure des frais. Avec des frais de souscription entre 8 et 12 % prélevés à la sortie, il faut plusieurs années de rendements distribués pour les amortir. Sur un horizon court (deux à trois ans), la performance nette peut être négative même si la SCPI a bien fonctionné. Sur un horizon de huit à dix ans, les revenus distribués et l’éventuelle revalorisation du patrimoine sont plus susceptibles de produire un gain réel.
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Dans le cadre d'une assurance-vie, c'est l'assureur qui effectue les prélèvements à la source et les déclare pour le compte de l'épargnant. En cas de rachat imposable, un formulaire fiscal vous sera transmis (imprimé 2561). Si vous pratiquez un simple arbitrage sans sortir les fonds du contrat, aucune imposition n'est due et aucune démarche déclarative spécifique n'est à effectuer de votre côté.
La valeur de retrait correspond à la valeur liquidative des parts communiquée par la société de gestion, éventuellement diminuée d'une décote prévue contractuellement par l'assureur (généralement entre 2 % et 10 % selon les contrats). Cette valeur évolue dans le temps en fonction des réévaluations du patrimoine immobilier détenu par la SCPI.
Les frais de souscription de la SCPI (entre 8 et 12 % selon les véhicules) sont prélevés à la sortie, sur le montant du rachat. S'y ajoutent éventuellement des frais d'arbitrage propres au contrat d'assurance-vie si les fonds sont réorientés vers un autre support. Aucun frais de cession spécifique au marché secondaire ne s'applique ici, contrairement à une détention directe.
En principe oui. L'assureur est tenu d'assurer la liquidité du contrat et dispose d'un délai légal maximum de deux mois pour traiter une demande de rachat. Toutefois, l'assureur peut suspendre temporairement cette liquidité dans des circonstances exceptionnelles, en le précisant dans les conditions contractuelles. Il est conseillé de vérifier les clauses de votre contrat sur ce point.
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